Les femmes rurales veulent plus d’accès aux TIC !

Oumy Ndiaye's picture

Lors de la première formation, j'avais provoqué les participant(es) en leur disant de réduire leurs frais d'habillement (habillement et autres parures de luxe) pour investir dans les équipements informatiques et dans leur formation: on se forme pour la vie alors que l'on s'habille pour un évènement.
Une femme m'a témoigné qu'elle a suivi mes conseils et qu'elle a pu mettre de côté déjà 200.000 F CFA. Il lui manque 150.000 FCFA pour avoir le montant pour s'offrir un ordinateur portable.
C’est avec joie que j'ai appris cette nouvelle et je suis sur qu'elle va arriver à ses fins car ce que femme veut, Dieu le veut.

Sylvestre Ouédraogo, formateur à Yam Pukri, Ouagadougou, Burkina Faso.

 

              

Le Web 2.0 apprivoisé: Expériences de femmes rurales en Afrique from CTA on Vimeo. (http://vimeo.com/channels/web2fordev#10610049)

La même vidéo en anglais  http://vimeo.com/channels/web2fordev#10438497

La célébration de la Journée Internationale de la Femme donne une bonne opportunité d’amplifier ce message optimiste : si les femmes rurales veulent  que les TIC changent durablement leur vie, Dieu le voudra.

La magie de l’ordinateur, et surtout celle du téléphone mobile est bien entrée dans la vie des femmes rurales, leur ouvrant des horizons qui, il n’y a guère, leur semblaient encore inaccessibles.

En République dominicaine, la gestion de la  coopérative agroalimentaire du village de La Cienaga  a été transformée par l’utilisation des TIC.

En Ouganda, avec l’appui de Women of Uganda Network, les femmes rurales utilisent une variété de TIC et, par exemple, combinent un club d’écoute de radio rurale avec la téléphonie mobile. Cela a permis une amélioration des contacts entre elles et avec l’extérieur et une multiplication des opportunités de valorisation de leur production agricole.

Au Mali, les femmes rurales de la région de Sikasso s’exercent à la création de vidéo et de photos afin de réaliser du contenu numérique. Le commerce de leurs produits ne s’en porte que mieux.

Dans les zones de pêche rurales du Bénin, les femmes transformatrices de poisson de l’ONG AquaDeD utilisent la vidéo, la télévision et le téléphone mobile, pour apprendre de nouvelles techniques de conservation  et pour vendre leurs produits au Togo et au Nigeria.

Au Ghana, le Centre  Kalang a su trouver l’organisation spatiale et les créneaux horaires socialement convenables pour permettre à plus de jeunes filles et de femmes  productrices de beurre de karité de bénéficier d’une formation à l’utilisation des TIC.

Et la liste des  exemples encourageants  pourrait s’allonger.

Au delà de l’amélioration des revenus et des nouvelles opportunités d’affaires, la victoire sur la peur de la machine et le gain de confiance en soi lié à l’utilisation de gadgets autrefois plus accessibles aux hommes,  illustrent une véritable révolution.

Même si cela reste encore bien insuffisant, le germe de la curiosité pour les innovations dans le domaine des  TIC est durablement semé. La pleine conscience que ces outils peuvent changer de façon radicale les relations socio-économiques, ouvrir de nouvelles perspectives, élargir le cercle de connaissances et d’opportunités est maintenant un acquis chez les femmes rurales néophytes de l’école des TIC.

Il faudra encore une conjonction de choix politiques avisés, de décisions d’investissement du secteur privé bien orientées et de campagnes médiatiques convaincantes pour  que la majorité des femmes rurales aient accès aux TIC.

A la faveur des récentes crises alimentaires, l’unanimité  du rôle irremplaçable de l’agriculture comme levier d’un réel développement s’est progressivement imposée.

Les  infrastructures rurales y compris celles permettant l’accès au village planétaire devenu une réalité grâce aux TIC reçoivent de ce fait une attention critique.

Il est donc impérieux qu’un plaidoyer multiforme profite de ce contexte favorable  pour que les obstacles à un accès plus significatif des femmes rurales aux TIC soient  bien identifiés et que leur résolution soit placée suffisamment haut dans l’agenda des priorités.

La toute nouvelle ONU Femmes offrira certainement une plateforme de choix pour cette cause.

L’appui au RESACIFROAT et la contribution au projet GENARDIS ont renforcé le CTA dans sa détermination à poursuivre des activités pour la promotion du lien entre Genre et Agriculture dans la Société de l’information.